• Natacha de Santignac

Inauguration du «nouveau bisse du Rho»


Natacha de Santignac

Après sept années d’études, d’oppositions et de travaux, l’appellation «ancien bisse du Rho» peut tomber en désuétude. C’est en effet une version complètement rénovée et réaménagée qui sera inaugurée cet été. Le tracé, long de quatre kilomètres, propose une promenade agréable et tranquille de 165m de dénivelé, mais attention : ne traversera pas la passerelle qui veut !

En 2013, l’idée d’une rénovation commence à prendre forme. La prise de conscience des risques encourus par les promeneurs, sur certains passages, alliée à la volonté de valoriser le patrimoine local, donne naissance au projet. Une remise en eau du bisse s’impose naturellement, mais elle n’est que partielle, car certains tronçons exigeraient beaucoup trop d’entretien.

Remontons le temps

Les bisses du Valais représentent de véritables monuments historiques. Leur origine demeure sujette à interrogation, mais l’historien valaisan Pierre Dubuis a proposé l’hypothèse suivante : la grande peste du XIVe siècle ayant décimé la population du Valais, la culture de céréales fut progressivement abandonnée. Les champs livrés à eux-mêmes se transformèrent en pâturages et en prés de fauche, ce qui permit le développement de l’élevage, mais augmenta considérablement les besoins en eau. Il fallut aller chercher celle-ci dans les rivières au fond des vallées latérales. C’est ainsi qu’un ingénieux système d’irrigation vit le jour au prix de la vie de certains travailleurs : les bisses traversent parfois des zones très abruptes, et les outils de l’époque restaient rudimentaires. Le bisse du Rho date du XVe. Les droits d’eau sont alors répartis entre les consorts des quatre quartiers de Lens. Son débit est augmenté progressivement, mais en 1946, le bisse est remplacé par le tunnel du Mont-Lachaux. Il ne sert plus qu’à donner accès au vallon de l’Ertentse et à Tseuzier.

En 2020, les promeneurs se délectent du bisse

L’objectif de cette rénovation ambitieuse (CHF 3'000'000.- financés principalement par les communes et le canton) a toujours été de stimuler la curiosité des touristes locaux, mais aussi internationaux, qui visitent Crans-Montana. Le tracé est jalonné de structures historiques, notamment l’ouvrage de dérivation des eaux sur l’Ertentse, des écluses, ou encore des chenaux et des murets. Il faut cependant avouer que « la passerelle constitue l’une des attractions majeures du parcours », comme le dit Jacky Duc, directeur opérationnel, Crans-Montana Exploitation. Longue de 120m, et « planant » jusqu’à 70m de hauteur dans le vide, de quoi donner le vertige ! Que les frileux se rassurent, le système « à plat », et non en chaînette, permet une stabilisation du tablier, pas d’expédition à la Indiana Jones ici ! Alors, venez découvrir cette randonnée mythique !

Article publié dans le magazine La vie à Crans-Montana, été 2020.



Splendeur sauvage du Valais en Suisse. Photo : Natacha de Santignac

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© 2020 par Alexandre Bocquillon. Créé avec Wix.com 

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