• Natacha de Santignac

Résister à la spirale de l’islamisation, coûte que coûte.

Mis à jour : mai 1

Nedjma, étudiante en Lettres à Alger rêve de devenir styliste. Résidente de la cité universitaire, elle fait le mur pour vendre ses créations dans des boîtes de nuit fréquentées par la jeunesse algéroise. Elle appartient aux Papichas : les jolies jeunes filles d’Alger. Sa routine bien huilée, lui permet de mener de front sa passion et ses études, mais les risques qu’elle encourt semblent de plus en plus difficiles à surmonter. Dans son dernier long-métrage, Mounia Meddour, donne sa vision de l’islamisation de l’Algérie dans les années 90. Elle montre comment, petit à petit, les femmes ont été privées de leur liberté, mais surtout le prix de leur résistance.


Être une jeune femme libre dans un pays sous l’emprise du Front Islamique du Salut (FIS)


Aller en cours, dessiner des modèles, courir les boutiques, se maquiller, danser et rire, c’est tout ce qui intéresse Nedjma. Avec ses amies, certaines voilées même fiancées, elles s’entraident, se soutiennent. À l’extérieur de l’univers étudiant, de plus en plus d’affiches, rédigées en arabe, détaillent comment les hommes doivent voiler leurs femmes ou leurs sœurs, et par ailleurs le développement des barrages rend les sorties en soirées dangereuses. Nedjma refuse de renoncer à son rêve. Elle aime son pays et ne souhaite pas le quitter. Même l’assassinat de sa sœur, journaliste, ou l’agression du concierge de l’université ne lui font pas perdre espoir. Elle décide d’organiser un défilé de ses créations réalisées à partir d’haïks, le vêtement traditionnel. L’événement est interne à la cité, et seules des étudiantes seront présentes, et pourtant…


Basé sur des faits réels Papicha évoque avec brio le combat quotidien que les femmes doivent mener pour être respectées et pouvoir vivre leur vie. Il comprend une dimension universelle : une femme, où qu’elle soit, doit toujours se battre pour être libre. Toujours.


Les épices de la vie, Al Haouz, Maroc.

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© 2020 par Alexandre Bocquillon. Créé avec Wix.com 

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